Samedi 23 Septembre 2017     liens
 
Atouts des métaux.


L'homogénéité est un atout maître des métaux grâce aux assemblages par soudure.
On ne fait pas de différence entre deux pièces soudées et le cordon qui les unit, surtout si après soudage les soudures sont réécrouies et les tôles recuites. Un examen (ressuage, etc) permet d'être certain que le soudage est bon.
Aucun autre matériau n'offre cette certitude.

Les professionnels de l'alu ont le choix entre les bordés à bouchains et en formes.
Les chantiers modernes chaudronnent leurs tôles avec des " cols de cygne ", héritiers des machines Eckold, pour obtenir les coques en formes. Peu à peu les anciennes rouleuses, qui blessent l'alu, disparaissent. La mise en forme est hors de portée du constructeur amateur. L’artisan devra commencer par auto-construire son « col de cygne ».

Les carènes à bouchains n'ont plus rien à voir avec les antiques caisses à savon développables. Les tôles sont vrillées et les plans de formes collent aux dispositions de volumes des carènes modernes.
Des tôles trop épaisses ne permettent de réaliser que des coques à bouchains avec un dessin dit développable qui, malgré les efforts des architectes, reste loin de l'idéal souhaitable
 Ne perdons de vue que ce sont des bateaux qu'on construit ! Les formes ne doivent pas être limitées par la mise en œuvre. Elles doivent " sortir " aussi proches que possible de ce qui donnera le meilleur comportement marin !

Des tôles " minces " ou " moyennes " se déforment en cas de collision ou de mise au plain. Mieux vaut une étrave qui s'écrase et dissipe l'énergie cinétique, plutôt qu'une étrave "blindée" qui transmet toute l'énergie du choc à tous les organes du bateau, gréement, moteur et équipage inclus.


L'extrême résistance et l'homogénéité des métaux permettent de poser un bateau en alu, même sur un sol mal pavé, sans craindre ni pourrissement ni délaminage des fonds. C'est pourquoi les dériveurs intégraux sont en majorité en métal et particulièrement en alu. Pour ôter tout souci, je donne aux fonds de mes DI la même épaisseur qu'une semelle de quille.
C'est aussi pourquoi le terrain de jeu préféré des bateaux en alu, plus généralement en métal, est le Grand Voyage, les Tours du Monde difficiles.

Un atout inattendu des métaux est l'absence d'odeur qui permet de profiter des parfums des aménagements en bois.
Sauf quelques exceptions les bateaux en alu sont construits sur deux sites : celui du chaudronnier pour la coque pontée, et celui de l'aménageur pour les finitions.

Un autre atout des métaux, aujourd'hui on dira plutôt de l'alu, est que le constructeur peut se passer de l'investissement de locaux sophistiqués et chauffés, de moules ou de lourds gabarits. Précieuse économie. C'est le règne du "one off" : de la construction à l'unité, artisanale, amateur comme de Haut de Gamme. Certes construire plusieurs fois de suite le même modèle abaisse le nombre d'heures de travail et diminue le prix de revient.

La construction à l'unité trouve un domaine d'application privilégié dans le métal, notamment dans l'alu.

Poser un pont en composites sur une coque en alu connaît un succès relatif. L'idée est d'abaisser les coûts en laissant la coque largement ouverte pour mettre en place les aménagements plus facilement et plus vite. Mais sur la coque aménagée on ne peut alors plus souder le pont ou le roof : celui-ci est rapporté. Son matériau devient libre. Il faut dans ce cas une précision et un parfait contrôle de la liaison entre les matériaux (pont et coque, pont et aménagements) pour que la raideur de l'ensemble, son étanchéité et son vieillissement soient corrects. Une très grande méticulosité est requise ! Elle n’est atteinte que par les meilleurs ! Les fuites et les corrosions par aération différentielle sont fréquentes chez "ceux qui ne sont pas au top du top" !

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